Guylande a quitté tôt sa famille. Lors de ses études de droit, elle a vu des enfants pauvres qui n’allaient pas à l’école et travaillaient comme esclaves domestiques dans d’autres familles. Elle a décidé de faire quelque chose et a lancé l’organisation Zanmi Timoun, L’ami des enfants.
L orsqu’il a été temps pour Guylande Mésadieu de commencer le lycée, son père lui a
dit qu’elle déménagerait à Port-au-Prince, la capitale d’d’Haïti.
– Voici ton uniforme scolaire et une valise avec des vêtements.
– Mais où vais-je vivre ?
a demandé Guylande.
– Nous t’avons trouvé une habitation, a répondu le père.
Guylande avait l’habitude. Ses parents décidaient la plupart du temps. Elle comparait son père à un général. Ses mots étaient des ordres. À huit ans, il avait décidé qu’elle irait à l’école dans un autre village. Alors, quand ses parents ont dit qu’il était temps de s’en aller, Guylande a obéi. Elle a quitté son village natal dans les montagnes pour une banlieue de la capitale.
Dans la capitale, elle a vu une pauvreté qu’elle reconnaissait, mais il y avait plus de personnes sans travail et d’enfants qui n’allaient pas à l’école. Les enfants traînaient dans les rues, mendiaient, volaient et se battaient. De nombreux enfants vivaient chez d’autres personnes, où ils étaient obligés de faire le ménage, la lessive, la cuisine, les courses et amener d’autres enfants à l’école.
Guylande a suggéré de rassembler chez elle le plus d’enfants possible. Ils allaient demander aux enfants ce qu’ils voulaient faire. Près de 50 enfants sont venus à la première réunion en 2001. Ils se sont réunis dans la plus grande pièce, la chambre à coucher. Les enfants étaient assis sur le lit, sur des chaises, sur le sol et contre les murs.
– Que voudriez-vous faire pour améliorer votre vie ? leur a demandé Guylande.À la réunion suivante, les enfants avaient promis de venir avec un camarade. Ils étaient si nombreux qu’il n’y avait pas de place du tout dans l’appartement. Alors, ils se sont tous installés sur le toit.
– Qu’est-ce que vous faites là-haut ? leur a crié un homme qui passait dans la rue.L’homme était enseignant à l’école locale. Guylande a expliqué que les enfants voulaient apprendre à lire et à écrire.
– Et ils veulent apprendre à coudre, à dessiner et à tisser.
– Mais pourquoi vous installer là-haut ? a dit l’homme en donnant à Guylande la clé de son école.
– Nous n’avons de cours que le matin. Vous pouvez y être l’après-midi, a dit le professeur

Tout comme Guylande, de nombreux enfants qui allaient à l’école de l’après-midi, venaient de la campagne. Leurs familles les avaient envoyés travailler dans la capitale car ils ne pouvaient les nourrir.
Pour éviter que les enfants soient renvoyés de chez eux, Guylande et ses amis ont décidé d’étendre leur travail à deux petites villes. Ils ont instruit les familles pauvres sur les Droits de l’Enfant et les lois d’Haïti.
Les enfants doivent avoir un certificat de naissance pour avoir leur propre identité et aller à l’école, expliquait Guylande.
Leur travail a touché de plus en plus de gens qui se sont engagés comme bénévoles. Les gens ont apporté un soutien financier, des livres, des stylos, des vêtements et des fournitures scolaires.
Il arrivait de plus en plus d’enfants qui avaient besoin d’aide. Finalement, la petite école de l’après-midi n’a plus suffi. Guylande et ses amis ont alors décidé de créer leur propre école.
Zanmi Timoun signifie en créole, langue parlée en Haïti, « L’ami des enfants ». Beaucoup ont pensé que c’était une bonne idée./p>
Ils ont enregistré le nom, rédigé les statuts, convoqué une réunion annuelle et élu un comité de direction. C’est ce qu’exigeaient les personnes qui allaient soutenir financièrement Zanmi Timoun. Les bailleurs de fonds ont également voulu savoir quel était le but de l’organisation. Guylande et ses amis ont écrit ce qu’ils voulaient faire : aider les enfants contraints de travailler comme esclaves domestiques, les enfants en prison et les enfants victimes de violence et d’abus.

Des centaines de milliers d’enfants se sont retrouvés à la rue et ont été forcés à l’esclavage. Les familles qui ont tout perdu ont placé leurs enfants dans d’autres familles où ils étaient nourris parce qu’ils travaillaient.
Nombre d’organisations internationales d’aide accourues en Haïti, aidaient les enfants. Zanmi Timoun a reçu plusieurs millions de dollars en aide financière pendant plusieurs années et a pu se payer un bureau. Guylande en est devenue la présidente et pour la première fois a pu toucher un salaire. Elle a pu engager, non seulement les amis qui avaient travaillé avec elle gratuitement pendant neuf ans, mais aussi d’autres collaborateurs.
L’organisation a pu engager également des travailleurs sociaux et des psychologues pour aider les enfants et leurs parents. Les enfants plus âgés, fatigués de l’école ou incapables d’obtenir leur diplôme, ont pu faire un apprentissage en couture, en boulangerie ou en mécanique.
Avec plus de ressources, Guylande et Zanmi Timoun n’ont pas seulement pu aider davantage d’enfants et leurs familles. Ils ont aussi entrepris de se faire entendre par les politiciens. Ce qui a eu comme conséquence en 2011, l’adoption par Haïti de la Convention des Nations Unies contre la traite des personnes afin de lutter contre l’esclavage et l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants.
Quatre ans plus tard, Haïti a adopté une loi nationale contre la traite et la maltraitance des enfants. Le président a créé un comité spécial pour assurer le respect de la loi. C’est Guylande qui en a été élue présidente !
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